mercredi 4 novembre 2015

Célébrités et Sape

 Mouhamed Ndao Tyson, lutteur
Tyson, le chic…et le hic
Quand Hercule se  met à vouloir dompter les étoffes, on  rit de sa maladresse. On peut aussi s’ébahir de sa métamorphose. Au début de sa carrière, le colosse avait adopté le « american way of life »…jusque dans son port vestimentaire. Entre temps, il a pris du muscle. Ou de l’embonpoint, c’est selon. Le tombeur de… (de qui encore ?) s’est un tantinet embourgeoisé. Le leader de la génération  « boul falé » ne s’accoutre plus. Il se fringue. Les t-shirts moulants mettant en exergue des muscles saillants, les treillis, c’était avant. Ce n’est pas encore si soigné que Karl Lagerfeld, mais ça passe beaucoup mieux.
Sa généreuse silhouette, contrastant avec les « vieux » dodus de l’arène, à l’époque, en avait fait un bon produit marketing. Qu’il fructifie avec un port altier. Sur ce plan, il se fait taper moins par la jeune garde ! Ces costumes –naturellement sur mesure- mettent en valeur sa carrure imposante. Ils ne sont pas longs. Ni amples. La largeur des épaules et le tour de poitrine ainsi que les manches et parfois la pochette donnent de la personnalité à son style. En boubou traditionnel, ces pantalons, un peu fuselés, lui vont à merveille. Il est à l’arène ce que le borgne est à l’aveugle. Le borgne, certains virages, il les rate aussi ! Le petit fin connaisseur « parisianisé », dédaigneux à souhait à l’égard des nouveaux du gratin peut s’en apercevoir à travers un geste mal inspiré, une posture peu appropriée. Un matin, « mbeurou askan wi » (le lutteur du peuple) met un beau costume à deux boutons, les mains dans les poches laissant transparaître une chemise débraillée. Et paf, « l’intrus » du gratin est démasqué ! Deux fentes latérales auraient pourtant suffi pour en jouir à son aise. C’est un petit exemple. Il y en a d’autres.
Note : 6,5/10. C’est mieux en tout cas que celle qu’on lui aurait collée dans l’arène.

Me Ciré Cledor Ly, avocat
Si peu Ciré, cet avo-cas
Le pauvre Karim Wade doit souffrir le martyre du fond de sa cellule (avec les inondations, Y en a qui ne répugneraient pas à y crécher !). En plus de languir de solitude, il doit supporter la tronche de l’homme à la tignasse drue, à la barbe touffue. Ça ne doit pas être très plaisant pour le « poupon de Gorgui », le seul capable de guider la meute de godillots se planquant dans le nichoir de Njomboor. Ne parlions-nous pas d’étoffes ? Passez-nous cet égarement de l’esprit
Dans la profession, maître Ciré Clédor Ly n’est pas de ceux qu’on qualifie d’avocaillons. C’est même, dit-on, un excellent procédurier. Il a bien empoisonné la vie des « marrons » de la République et d’une bien embêtante cour destinée aux fortunés de la cité. Le néologisme « avoc-haillon » lui irait, cependant, à merveille. Ne vous faites pas du mouron, il ne nous collera pas un procès. Ça le laisse de marbre. C’est comme faire grief à Peter Tosh de sniffer ! Au temple de Thémis, pour parler comme nos amis belges, il mord sur sa chique…moins que sur le chic quand il s’agit de se taper une garde-robe ou d’en jouir. Devrions-nous, peut-être, avec lui, envisager une « cour de répression du supplice de l’iris ». C’est plus relax que l’autre machin. Vous ne trouvez pas ?
Qu’il soit en boubou traditionnel, en costume, tout est de travers avec Ciré. Pourtant son allure svelte, s’il se fait violence, devrait inciter les magistrats à faire focus davantage sur sa plaidoirie que sur son style bizarroïde. James Brown, du temps de ses extravagances de négrillon, de petit parvenu, avait fait mieux. Les pièces à conviction ? Peuh !  De toute façon, on voit moins ce qu’il porte que sa tête. Le pan, les cravates, les chaussures mal assorties, le « sabador » mal boutonné, ses lunettes à verres correcteurs que nous  voudrions qu’il cassât…Tout est fichu. On s’en arrête là. On ne voudrait pas non plus griller toutes nos chances avec sa belle demoiselle qui fait jaillir une lumière tamisée dans un cocon douillet assombri par la « toison » de qui vous savez. L’accusé peut rendre grâce au Ciel d’avoir mis sur le chemin de sa détresse un  juge en état de vulnérabilité. Et pour elle (nous ne la nommerons pas car le «  mauvais œil » nous guette, dixit notre prési !), cette fleur que nous ne voudrions voir faner, le pater familias s’en tire avec la moyenne, 5.5/10. En même temps, c’est difficile de faire pire que le « gars » de Fandène.


Mbagnick Ndiaye, ministre de la culture et de la communication
Aïe Mbagnick, un peu de couture !
Mbagnick toi aussi (on nous interdit le vouvoiement sur cette planète) ! La première de nos dames, pour parler comme Wasis Diop, ne peut pas débarbouiller les « grands garçons » et gratter les casseroles en même temps. Elle est très occupée à distribuer ses jolis sourires par-ci, par-là, par les inaugurations et condoléances, les épaulettes du « successeur de Napoléon », son régime alimentaire (il parait que tonton Macky veut se mettre au foot. Dommage que la gérontocratie roupillant à la Cnri n’adhère pas trop au cumul de fonctions). Mbagnick, allons chez le tailleur ! Mbagnick, va chez le coiffeur (le sien, s’il en a, doit être borgne) ! C’est fini tout ça ! Marême n’a plus le temps de pouponner les « Fatick boys ». Matar, le cadet, se débrouille tout seul maintenant. Mais avec le maire de Ngayokhem, tout est fichu. C’est un tourment que même le fait d’être Sérère (c’est-à-dire un Toucouleur raté ! Ne vous en offusquez pas, nos us et coutumes nous y autorisent) ne saurait justifier.
On peut avoir une calvitie de désargenté des grand places de Dakar, une tronche peu hospitalière et décider de paraître plus smart que d’habitude. C’est simple, ça ne requiert pas une ingéniosité au dessus des minuscules capacités des Sérères ! Un costume, on ne se le couvre pas. On le porte. Le boubou, il peut être grand mais on n’en fait pas un couvre-lit. Il y a des gens qui se plaisent dans le musée de l’horreur ; d’autres dans celui là plus enchanteur où le beau rappelle l’effort de soi. Mbagnick n’en fait pas quand il s’agit de se nipper. Avec lui, la cravate ne pend pas seulement sur la poitrine. Elle s’égare dans le flot de gestes mal inspirés, dans une veste épousant peu le corps. Ses pantalons, plus réussis, répugnent à « s’amouracher » avec des chaussures qui, même dépariées, auraient mieux participé à la mise de notre ministre de la culture et de la communication.
Monsieur Ndef Leng semble se plaire dans ses « loques ». C’est la seule éclaircie dans ce méandre de goûts peu relevés. On ne peut pas reprocher à Joe Ouakam ses folies intermittentes. Il n’aurait pas existé à nos yeux. Mbagnick, son originalité est de ne pas chercher à ressembler à un autre. Il est lui-même, avec ses goûts d’un autre temps. La fonction ministérielle ne l’a pas changé. Et pour cette belle leçon de vie et d’humilité, le Sérère récolte la note de 6/10. Mbagnick, ne te fais pas du mouron, c’est une bonne note ! Demande à tes copains ministres.

vendredi 23 octobre 2015

Le look, la loque et le froc


Je fis compliment à « mon grand souvent défoncé » de cette savoureuse anecdote. Il en racontait de bonnes quand Jah ne faisait pas immersion dans ses incessantes divagations. Il est de ces êtres dépréciés par l’herbe hallucinogène mais d’âmes pures. Un prétendant vint voir sa sœur absente de la maison. Il n’était pas bien habillé. On l’installa (j’ai envie de dire parqua) dans la remise. Mère Theresa des rupins et autres fils de bonne famille qui n’avaient pas besoin de sa charité, ni de sa sournoise prévenance, demanda qu’on lui filât le « bol dof » pour s’en débarrasser.  Elle ne se doutait pas que ce « fagoté » pouvait être le bien-aimé de sa « chose », sa fille. L’homme se gava amèrement pour narguer et prit congé de la famille sous le regard condescendant de celle-ci. L’histoire entre ce crésus mal vêtu et la demoiselle aux fantaisies agaçantes prit fin ce jour là. Mère Theresa, c’est une évidence, s’en voulut à mort. Elle avait trop longtemps rêvé d’un gendre plein aux as. Le Ciel l’en gratifia, jusque dans sa chaumière, dans une enveloppe (vêtement)  qui la répugna autant que le suaire d’une victime d’égout.
La nymphe (ou ce qu’elle croyait être) ne se remit pas d’être passée à côté d’un homme riche qui ne s’encombrait pas de fioritures. En sus, elle semblait s’éprendre de lui petit à petit. Peut-être, prit-elle juste goût à sa frugalité…et à ses liasses. Quoi qu’il en fût, elle n’aimait pas le présenter aux individus à la mise soignée et à la propreté et civilité douteuses, si souvent surexcités face aux petites choses dont on ne se rend compte de l’intérêt aux yeux des autres que quand elles prennent une ampleur presque insolite.
Pour un morceau d’étoffe, on s’attache à l’autre, aux bourreaux, parfois aux bonimenteurs qu’on accueille avec égards.  Il définit parfois nos rapports avec ceux qui aspirent ou prétendent nous mener à bon port, l’homme politique. On s’est laissé divertir, en 2000, par la tronche d’un apollon au teint crémeux. Aujourd’hui, j’entends par-ci, par-là, quelques minettes survoltées et d’amusantes  dames saliver sur « xale baca prison ba ». Son « minois » et sa carnation (notre rapport avec l’épiderme est complexe), semble-t-il, sont avenants. Chez nos cousins gaulois, on « discutaille » sur l’embonpoint de sa bedonnante majesté. Au pays de l’oncle Sam, on s’extasie sur la sveltesse du fils du Kenyan. Notre inclination pour les insignifiances nous joue des tours. Le dandy, ce tire-au-flanc, ami de nos bonnes dames, louangeur des benêts et dédaigneux à souhait à l’endroit des miséreux, est préféré au « bûcheur ». Après on vient s’offusquer de son indolence.
J’en étais où avec « mon grand souvent défoncé », le taré de la famille ? Il s’en donna à cœur joie. Il espérait, du fond du cœur, un jour, pouvoir se gausser  de l’infortune de sa génitrice et de sa cadette. C’est lui qu’on suppliait de s’éclipser à chaque fois que les gros bonnets (au propre) pointaient le bout de leurs…froufrous pompeux. On lui promettait son poison. Il ne fallait pas qu’il empestât les bergères dans lesquelles se vautreront les « grands boubous » empesés. Car, Mère Theresa croyait toujours à la bonne étoile de sa petite crédule qu’elle abêtit et rendit oisive et frivole. A plusieurs reprises, l’ex innocente fille se noya, avec la vorace proxénète de sa progéniture, dans les méandres des fringues d’apparat de ses aspirants.
Elles s’attachèrent au paraître ; l’être les désenchanta comme les promesses d’un monarque sadique (pas très loin de chez nous) des temps modernes face au supplice de la guillotine. Le peuple découvre un jour qu’il avait une tête, un tronc et quatre membres (mes cours à l’élémentaire) et que cela faisait mal quand on les lui coupait. Il dissimulait juste ses imperfections, tares et angoisses dans un grand boubou blanc et justifiait l’ignominie par ce que quelqu’un, sous nos cieux, a assimilé à la culture grecque. Ce que l’on croit relever de l’accessoire porte un message plus explicite que les fourberies du langage. Mon « grand souvent défoncé », dans ses exquises errances, me le ressasse continuellement.

A suivre…

lundi 5 octobre 2015

Pour que la lutte soit…du sport

Si miracle se produit

Au détour d’une discussion,  un vieux belge fit cette remarque « Vous avez une singulière façon de nommer les choses». Sacrilège ! Il fouette la fierté de tout un peuple en ironisant ainsi sur ce qui est considéré comme le sport NATIONAL, la lutte avec frappe. 

Au Niger, on lutte sans cogner. Aux Etats Unis, on rosse de coups son adversaire. Ce pugilat, ils l’ont appelé boxe.  Le si futé sénégalais a trouvé la parade. Il allie coups de poing et corps à corps. Facile combinaison pour se faire un sport NATIONAL. A y regarder de plus près et en oubliant un peu notre chauvinisme obstruant, la boutade du Belge interpelle. A quoi bon se rendre aux Etats-Unis, en Turquie, en Italie… si c’est pour montrer ses talents de danseur. Autant se rendre chez Germaine. Ici, on lutte si peu.

En boxe, le show est subsidiaire le jour du combat.Les « empoignades », si ce n’est faire trop d’honneur aux « mastodontes chorégraphes », tiennent de l’anecdote. On glisse, on reçoit une petite calotte, parce qu’on frappe si mal. Et c’en est fini du spectacle qui faisait saliver Sandaga, Tilène, Colobane…et maintenant les amphithéâtres ! Les enragés dont l’idole, bâtie à chaux et à sable, est vaincue, peuvent s’en prendre aux passants, aux riverains pour se soulager de leur niaises désillusions. C’est selon. Le gaillard leur a servi de jolis pas de danse, mieux peut-être que son bourreau du soir. C’est suffisant non ? Il a plus sué dans sa chorégraphie que dans l’arène. Ah sur le podium ! Passez-moi cette erreur de langage.
Devrions-nous, peut-être, songer à appeler cela « culture nationale ». Senghor, d’outre-tombe, s’en émouvrait. Il parait qu’il n’aimait pas la lutte. Sa raison hellène le turlupinait. Etrange quand même pour un fils de Joal. Là-bas, le « mbapatt », (encore que c’est plus sensé que ce qu’on a appelé lutte avec frappe)  a permis de ramener, de temps à autre, à la maison, un sac de riz, de composer un cheptel, d’élever une chaumière. Nous nous en offusquons moins que l’extravagance, le grotesque paralysant dans lequel le Sénégalais se noie. Il ne faut pas pousser la vilénie jusqu’à penser qu’il ne peut aimer autre chose. Le président Lamine Guéye disait, dans un langage moins cru et plutôt caricatural, ceci : « Le besoin pour un clochard, c’est évidemment un quignon de pain et une paillasse…mais fournissez lui du poulet rôti à point et un lit de milieu, et il en usera tout aussi bien que quiconque ». Donnons au peuple la chance de découvrir le meilleur combattant après qu’il a acclamé le talentueux « saltimbanque ».

Abdoulaye Wade, non plus, n’aimerait pas trop ça  mais il ne se privait pas d’inviter les colosses à sa table. Macky Sall ? Attendons sa période de vulnérabilité, les présidentielles, en 2019 ! Chut, c’est un tabou, depuis que l’Imam du Cap Vert….Il parait que suggérer des réformes au monde du sport « nationalisé » est aussi un tabou. Encore une petite digression.

Il est tout à l’honneur du Comité national de gestion de vouloir perpétuer cette prétentieuse « exception sénégalaise »,  mais la lutte est censée être un sport de combat. Il n’y en a aucun dans ce monde qui ne donne à l’athlète, au cours d’une opposition, la possibilité de se reprendre. C’est là tout le charme du sport en général ; Soupirer plus qu’un golfeur, se relever plus vite qu’une marmotte, se battre comme un lion pour remonter la pente devant ses inconditionnels. Balla Gaye II n’aurait pas crié sur tous les toits être meilleur que tous ses bourreaux s’il lui avait été permis de rectifier le tir les soirs de ces désillusions ou à ces adversaires de lui infliger de plus mémorables chutes au bout de trois rounds.

Le CNG n’aurait plus besoin de fixer l’âge de la retraite à quarante-cinq ans. Le combattant, de sa propre autorité et conscient que le sport a repris le dessus sur le folklore, s’épargnerait d’affligeantes déconvenues au crépuscule de sa carrière. Il faut enlever à la lutte cette dose trop aléatoire même quand le plaisantin Yawou Dial affronte le roi des arènes. Encore une autre bizarrerie. Demain, un obscur et fortuné promoteur peut décider d’organiser une confrontation entre Bombardier et un quelconque lutteur sorti de sa botte secrète. Le colosse de Suisse, Rocky Balboa, par exemple ! L’arène pourrait alors se retrouver avec un roi qui n’a livré qu’une seule opposition. On pensera alors à bien « nommer les choses ».


vendredi 15 mai 2015

Le campus, une poudrière


Etudiant blessé suite aux affrontements avec les forces de l'ordre
Le protocole de Saly de novembre 2011 signé entre le gouvernement et  le syndicat autonome de l’enseignement supérieur préconisait la création d’une police universitaire pour la sécurisation d’un espace particulièrement marqué par des actes de violence. Elle n'existe toujours pas. A la place, nous avons quelques individus musculeux qui suscitent chez les étudiants un sentiment de défiance.

 Harouna Sy, dans une étude (Crises scolaires et universitaires au Sénégal. La mécanique revendicative et ses cadres organisationnels),  mentionne trois types de violence scolaire : la violence militante, la violence délinquante et l’indiscipline. On ne peut pas dire que l’université Cheikh Anta Diop en soit épargnée. C’est celle là militante qui est la plus présente dans le campus. Elle est motivée par la défense d’intérêts spécifiques, essentiellement des étudiants : hausse des frais d’inscription, retard de paiement des bourses, bacheliers non orientés…Il faut ici pointer la mauvaise communication des pouvoirs publics. Dire que tous les étudiants sont boursiers alors qu’il n’en est rien peut créer un sentiment d’injustice, de frustration, vecteur de violence. Pour certains, la bourse a une valeur éminemment sociale. Un espoir déçu est porteur de germes de violence.
 La violence peut prendre une forme délinquante si ces revendications sont portées par des groupes politiques particulièrement présents dans le campus universitaire ou par des individus qui n’ont pas ou plus rien à y faire. L’université Cheikh Anta Diop est devenue un fourre-tout où règnent des étudiants regroupés au sein des amicales de facultés souvent utilisées à des fins politiques et pécuniaires. La dissolution des amicales était la conséquence de la violence notée lors des élections. De l’indiscipline des étudiants et de leurs hommes de main désœuvrés comme il en existe beaucoup dans la société sénégalaise. Justement, c’est sur celle-ci qu’il faut porter la réflexion. Les étudiants ne vivent pas en vase clos et viennent tous de quelque part.
Un fait reste constant ; il y a trop d’étudiants à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Leurs difficiles conditions de vie et d’étude ne favorisent pas un climat serein. Les quotidiennes frustrations accumulées peuvent expliquer les fréquentes séquestrations d’autorités administratives, les détournements de bus, les échauffourées avec les agents de sécurité du campus…

Un étudiant, par une boutade presque caricaturale, disait que le temple du savoir est devenu un centre de formation de jet de pierres et de techniques de défense aux grenades lacrymogènes. Cette moquerie ne déplairait pas aux usagers de l’avenue Cheikh Anta Diop et aux forces de l’ordre.

mardi 27 janvier 2015

A nous la coupe !



Ce matin, je demandais à deux jeunes cousins ce qu’ils pensaient de l’équipe du Sénégal après les matches livrés face au Ghana et à l’Afrique du sud. Après l’euphorie née de la première victoire face aux Black stars, le doute, le scepticisme et les réminiscences des désillusions resurgissent après le nul concédé contre les bafana bafana. Au nom de quoi, un match nul contre cette sélection devrait saper notre moral ? L’Afrique du sud est restée dix match sans défaite avant la CAN, a éliminé le champion d’Afrique en titre, le Nigeria chez lui, humilié le Mali en match amical à quelques jours de la compétition. Nous avons été moins ballotés que l’Algérie qui s’en est sortie miraculeusement –peut-être grâce aux prières d’un président immobilisé qui n’a plus rien à faire- Une petite boutade, passons ! Le plus dur est derrière nous ! Départissions-nous de nos infondées et chauvines prétentions. De nos fausses modesties aussi, quand les conditions et le potentiel humain nous autorisent à y croire. Osons y croire.

Le Sénégal, malgré quelques insuffisances dans la production collective, dans surtout l’animation offensive (un problème récurrent que ne purent résoudre les différents sélectionneurs avant Giresse) qui n’a rien à voir au nombre de buts que marque l’équipe, présente le meilleur effectif de la CAN. Beaucoup de footballeurs sénégalais non selectionnés pour cette CAN auraient fait les beaux jours de plusieurs des quinze autres selections (Remi Gomis, Demba Ba, Kevin Gomis, Ibrahima Mbaye, Cissokho, Babacar Khouma Guèye, Bayal Sall…). Cela ne garantit pas la victoire finale, c’est vrai. Mais on ne gagne pas avec des borgnes non plus !

Giresse a réussi à réunir des individualités autour d’un projet commun avec des éléments interchangeables. Quelle autre équipe, dans cette compétition peut se prévaloir de se passer de cinq éléments après une victoire et garder une certaine cohérence face à une vaillante formation sud africaine qui n’a pas fini de surprendre. Le Sénégal a utilisé jusqu’ici dix sept joueurs et compte plus de points avec le Congo et la Tunisie sur l’ensemble des groupes (4). Ne faisons pas la fine bouche. En 2006 en Egypte, les lions se sont qualifiés au second tour après deux défaites. Dont une, ironie du sort, face au Ghana ! En 2002, malgré un parcourt exceptionnel, le Sénégal était contraint au nul lors du troisième match face à la Tunisie et avait eu du mal à se défaire de la Zambie. Un match qui rappelle étrangement celui livré face aux bafana bafana surtout dans l’impact physique, la vivacité de l’adversaire. Nous ne nous livrons pas à un exercice divinatoire à partir de joyeuses souvenances, il est juste déraisonnable de tout remettre en cause après un match nul dans une compétition qui a enregistré dix nuls sur seize matches au sortir des deux premières journées. Il y a, en Afrique, pour ceux qui l’ignorent encore, un nivellement des valeurs qui renseigne sur la progression des joueurs africains et. Des scores à la Malte-Allemagne sont révolus.

Tous les favoris et mondialistes –en rappelant que le Sénégal figurait dans le chapeau des outsiders- ont, s’ils sont qualifiés (le Nigeria n’est pas qualifié), soit enregistré une défaite (Algérie, Ghana), soit cédé des points lors des deux journées (Côte d’Ivoire et Cameroun). Le Sénégal signe sa meilleure entame depuis 2002 et est en mesure d’égaler le record de points obtenus au premier tour depuis en tout cas six éditions (4 points en 2000, 7 en 2002, 5 en 2004, 3 en 2006, 2 en 2008, 0 en 2012).

Les désillusions, les bides ont provoqué chez les sénégalais un syndrome mental dont le seul avantage est de les rendre moins présomptueux. Ne cultivons pas tout de même le défaitisme. Mithridatisons-nous contre le poison de nos anxiétés. Des déceptions, l’Espagne en a connu avant de dominer le football mondial ; la France aussi. Nous ne boirons pas le bouillon cette fois. A nous la coupe !



lundi 5 janvier 2015

La 44e vue par…[2e partie]


Source : Mbouet
Vous n’avez pas besoin de me dire que c’est pas ça…parce que c’est pas ça…mais bon c’est ça quoi !




Modeste Donkpegan : Modeste ou Don pédant ?

Un gars courtois. Lui et Mor Amar dans un studio d’enregistrement, ça ferait Garou-Celine Dion ou pour faire sénégalais Rock Mbalax-Amy Mbengue ! C’est boom boom-yihi hi ! Le gars, il ne parle pas, il tonne quoi.
Modeste, tu lui dis que les filles sénégalaises sont jolies, il te dit qu’il y a des blondes au Benin. Quand il fait froid à Dakar, il neige à Cotonou. Et en Guinée Equatoriale, les écureuils y seront ? Oh que oui, des écureuils pour arbitrer les matches puisqu’ils courent vite ! Sacré Modeste, bon à molester.

Adama Ba : T’as vu cette belle robe chéri ? Elle sera ample pour toi chérie !

Amadou Ka le petit « gaynaako » a failli renoncer au CESTI car pensant qu’il n’y avait pas de fille dans notre groupe. Il avait oublié qu’une  fille pouvait également s’appeler Adama. C’est une boutade ! Mais qu’Adama soit une fille ne l’a quand même pas rendu malheureux. Elle a tout ce qu’il faut pour rendre dingues certains mecs ; bon, à part quelques kilos quoi ! Adama est ce qu’on pourrait appeler une « fille de son temps » ; ces filles, à la longue, agaçantes par leurs caprices, leurs fantaisies, par leur propension à désirer des choses qui n’existent pas. Jolie et ambitieuse. Ce n’est pas une déclaration d’amour détournée hein ! J’ai déjà des vues sur…Ah c’est interdit par le directeur parait-il ! Pétition pour le démettre.

Woury Bailo Diallo : DIALLOgue impossible

Taisez-vous je parle. Je ne parle plus, je me tais donc. Je suis le plus petit de la classe,  bon après Ibrahima Ba quoi. J’exige qu’on me respecte. Je suis impulsif ; c’est pourquoi je m’assois ici pour déverser ma colère sur le mur. Toutes ces fissures que vous voyez là dans le mur, c’est moi. Je rosse le mur de coups quand mes camarades disent des conneries au cours de leurs interventions. Quand le prof dit des choses qui ne me convainquent  pas, là je ne peux même pas piper mot, je me pince jusqu’à ce que la douleur noie mon exaspération. A Kolda, j’ai tapé un enseignant qui avait omis Kolda en énumérant les régions du Sénégal.  Quand une fille me rejette avec courtoisie, je la gifle, je lui crache dessus. Quand elle le fait de façon désobligeante, je n* toute sa famille. Si elle a un frère balèze, je rumine ma colère et grille une cigarette ; rentré chez moi, je tape encore fort sur le mur ! Fermez les guillemets. Pourtant je le trouve cool. "Toognoul kenn, bouko kenn toogn. Bailo baal ma aqq".

Ulvaeus machin Balogoun : Envie de mettre une petite consonne devant le prénom ! Pas vous ? Choisir entre B, C, D. Une petite préférence pour le...

Moom damako fan ! Ne traduisez pas pour lui, il va se voir trop beau ce petit béninois. Lui c’est la force tranquille qui rêve d’une vie de nabab avec une cour fortement féminisée. C’est sûr ! En attendant, Balogoun se gave d’ebongué ! La vie est chère à Dakar.! Plus cool que ne le laissent penser ses airs de vieux « sniffeur » repenti.

Oumar Baayo Ba : On monte en haut, on descend en bas ! Entre le bas et le haut, c'est le milieu.

Des choses, il en sait. Mais quand il s’agit de les exposer, Baayo nous sort des formules qu’il est le seul à connaître : le froid, c’est quand il fait froid ! C’est notre François Hollande, très « normal »  quoi, conformiste sous tous ses traits. Nous nous sommes rencontrés après la publication des résultats du concours. J’ai alors dit « oh Seigneur, fasse que tous mes camarades du CESTI ne soient pas aussi polis, aussi carrés que ce mec à la calvitie de rupin désargenté» ! Et le Seigneur exauça mes prières. Il y en a des « spécimens » au CESTI ! C’est un gars avec qui vous n’aurez aucune bisbille. Parce qu’il est « mort », tranquille.

Soda Lo : Le soda…l’eau… et un peu d’orge pour plus d’enthousiasme !

Imaginez un peu Zinsou Assani et Soda Lo en couple ; je ne leur rendrai pas visite ! Ça va être soporifique. Ennuyant à mort ! Même avec le petit « Adramatique Coly» ! Soda n’est pas timide ; c’est juste qu’elle est trop normale, trop correcte quoi. C’est la proie idéale pour les « modou modou » ou vieux friqués fanfarons avec leur vieille rengaine « xale bi dafa yarou, moom de moom danala may jamm ». Traduisez pour les béninois et camerounais. Ils s’intéressent à tout ce qui se dit sur les « jouvencelles », ces mecs là ! J’aime bien cette fille ; elle n’est pas chichiteuse ! Y en a au CESTI ?
A suivre…




lundi 22 décembre 2014

La 44e vue par…

Source: Mbouet
Première partie
Vous n’avez pas besoin de me dire que "c’est pas ça sakh"…parce que c’est pas ça…mais bon c’est ça quoi !



Abdourahim Barry : Chez moi par exemple on mange, on boit, on dort et puis on se réveille !
Un parent peul. Je l’aime bien celui là. C’est un homme entier qui aime dire des choses « extraordinaires » que personne ne sait : PARAXEMPLE : Macky Sall est le président du Sénégal ! Le saviez-vous ? Et bien Barry vous le dit.

Amadou Woury Barry : Une question Monsieur ? C’est ma contribution ! C’est ça oui !
Amadou Barry est un mec cool et cultivé. Je ne lui jette pas des fleurs. Mais mon parent peul doit apprendre à tendre l’oreille plus qu’il ne rabâche ses connaissances barryologiques. Ce néologisme est de lui ! Vous voyez un peu ! C’est une personne qui essaie de s’imposer, quoi qu’il lui coûte. C’est une bonne chose mon petit.

Ababacar Sadikh Top : Top ou flop ?
Top me rappelle les frimeurs de la vieille époque capable de se taper toutes les rêvasseuses de son coin avides de paroles enjolivées et désireuses de vivre le grand amour. Vous vous souvenez de ces « grands frères » toujours bien nippés, coiffure afro, chaussures bien cirées et quelques pièces (du petit CFA quoi !) dans la pochette pour héler à tout bout de champ les mômes pour quelques petits présents bien calculés ? Et c’est souvent le petit frère de la dulcinée à éblouir ! Bon je parle des anciens frimeurs hein, pas de notre philosophe Top ! Top donne tellement de solennité à ses interventions qu’on croirait avoir affaire à Cicéron devant le sénat romain. Il n’est pas difficile de savoir que c’est une personne intelligente capable de faire de bonnes choses (Nonobstant sa galanterie bien sûr !). J’adore l’écouter parler, même s’il lui arrive de perdre son latin parce que noyé par un coffre théorique très fourni et intéressant.

Richard Thierry Mbouet Kidjina: Richard amoul xaalis!
Encore un bon gars ! Ils sont tous finalement bons les boys du CESTI. Lui c’est mon copain quoi ! Malheureusement, ses préjugés obstruent son accommodation en terre sénégalaise. Il a des opinions figées et supporte mal la contradiction. J’ai trouvé la recette avec mon ami camerounais : mais oui Richard ! Absolument ! Tu as raison mon cher !

Wilfried Soédja ENVIE : Le gars, il veut faire de la télé quoi !
On m’a dit que les étudiants du CESTI organisent de temps en temps des rencontres de football. C’est dommage qu’il n’y ait pas de concours de beauté. On aurait formé un duo de choc, le béninois et moi. Je passe. Le Seigneur, dans sa miséricorde, nous a envoyé un gars au physique de déménageur ! Charge au CESTI d’en faire un bon journaliste…ou un bon lutteur ! Heureusement que c’est un homme magnanime, gentil et ouvert ! Ce n’est pas un gars violent quoi. Non… non ! Autrement le CESTI serait dans l’obligation de souscrire à une assurance pour ses camarades. Non, lui je l’aime bien.

Samba Faye : Une taille et des failles !
C’est le genre de mecs qui continuent d’écrire des lettres d’amour aux filles, cloîtrés par leurs lectures, par un idéal, par leurs imaginations fertiles. Comme Barry, c’est un homme cultivé. Samba est ce que les adolescentes du 21e siècle appellent un « mec barbant sans flamme ». Mais en même temps des mecs captivants , ça ne court pas les rues chez les sérères ! Ce n’est pas de la faute de mon cousin.

Ibrahima DONNANT : Ma bindi sama article bi waay ! Lui, c’est déjà un journaliste.
C’est lui qui m’a le premier expliqué comment les choses fonctionnent au CESTI. C’est un gars obligeant. Lui c’est sûr qu’il fera presse écrite. C’est le genre de journaliste « trop sérieux » que je n’aime pas. C’est sûr que M. Djib Diédhiou va aimer. C’est déjà un exploit.

Alassane Aliou Mbaye : Ah lui il est super !
RAS, à part que c’est un cool gars, BEAU, intelligent et aimé par les filles. Mais puisque lui c’est un homme sérieux, il les considère comme des sœurs quoi. Donc les filles, ne vous inquiétez pas, vous pouvez passer chez lui quand vous voulez. Par contre, il n’est pas conseillé de se rendre chez Ulvaeus, Modeste, Richard, Ka, Moussé et autres. Ils n’inspirent pas confiance !

A suivre…